Bibliothèque : le Petit et le Grand Palais

Alors que sur les conseils avisés d’une amie je venais de me décider à créer une catégorie « bibliothèque » sur le blog, une occasion en or vient d’en précipiter l’inauguration.

Particulièrement intéressée par les Expositions Universelles, j’ai préparé en juin dernier une visite pour l’Association Nation-Charonne sur le thème du décor sculpté du grand ensemble que constituent le Petit Palais, le Grand Palais et le Pont Alexandre III à Paris. Pour ce faire, je me suis plongée dans les deux « bibles » sur le sujet, passionnantes, que sont « Le Grand Palais » (éditions du Patrimoine), et « Petit Palais, chef-d’oeuvre de Paris 1900 » (Paris-Musées, éditions Nicolas Chaudun), ouvrages coordonnés par Gilles Plum. Deux très beaux livres que je conseille tant pour la qualité des textes que pour celle des photographies et autres documents.

J’ai pu acquérir le premier l’été dernier à moitié prix, soit 25€. Aux dernières nouvelles, il n’est plus en promotion mais surveillez tout de même les ventes RMN… Quant au second, j’ai failli craquer la semaine dernière à la librairie du Petit Palais en le voyant soldé (30€ au lieu de 59). J’ai bien fait de ne pas céder à la tentation : hier, alors que je me rendais au musée Cognacq-Jay, je suis passée devant la librairie Mona Lisait du Marais, et, attirée par des piles entières du livre en question, je me suis approchée. Quelle ne fut pas ma surprise de le voir en vente à … 7,5€. Amateurs du XIXe siècle, d’architecture ou des Expositions Universelles : ruez-vous sur ce livre !

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Petite introduction sur le sujet…

L’ensemble du Petit Palais, du Grand Palais et du Pont Alexandre III constitue le clou de l’Exposition Universelle de 1900. Ce projet, élaboré entre 1892 et 1896, marque un changement dans l’histoire de ces expositions : on envisage de construire un ensemble durable. Il y eut d’ailleurs beaucoup de débats autour de ce thème puisqu’auparavant, les bâtiments étaient conçus comme étant éphémères. Le clou de 1889 était la tour Eiffel qui, à l’origine ne devait pas être permanente.

On décide, plutôt que de provoquer des sensations fortes sans lendemain, de doter Paris d’un embellissement parfaitement à sa place dans l’architecture parisienne, perçu comme le clou de l’Exposition et qui serait le prolongement du Paris historique. On souhaite aussi donner à la capitale de grands palais nationaux, destinés à accueillir les citoyens : la République est alors installée et désire s’affirmer par des réalisations grandioses.

La destruction du palais de l’Industrie et le choix de l’emplacement a aussi valeur de symbole politique :  c’est un palais du Second Empire que l’on supprime et il n’y avait pas eu de grand aménagement dans la capitale depuis Haussmann… On souhaite créer un « axe républicain », par le dégagement de l’Elysée, en liant visuellement les bâtiments que sont le Quai d’Orsay et les Invalides, pour obtenir un espace politique dédié au « peuple français ». En 1900 la IIIe République est sûre d’elle-même, et fait dans la démonstration. Ce sera également un espace dédié à la diplomatie, célébrant l’alliance franco-russe, par le Pont Alexandre III et l’actuelle avenue Winston Churchill, auparavant appelée avenue Nicolas II, constituant une allée triomphale entre le Petit et le Grand Palais.

Les palais doivent résumer les productions industrielles et artistiques à la fois par les édifices en eux-mêmes  et  par ce que l’on montre dedans. L’idée de progrès (des Beaux arts et de l’industrie), emblématique de cette nouvelle ère, domine. Du côté du décor, la statuaire et la sculpture ornementale ont une place prépondérante. On dit souvent que le XIXe siècle est le siècle des « néo » (néoclassicisme, néogothique, …) : l’Exposition Universelle de 1900, sur ce point, se veut davantage une clôture du XIXe qu’une annonce du XXe et ne déroge pas à la règle : c’est l’apogée du néo-baroque sur ces grands bâtiments officiels.  Mais ce n’est pas un hasard : les styles « néo » sont généralement liés à l’idéologie dominante.  Ici, le Néo-baroque (caractérisé par la fougue, les mouvements d’élancement dans le vide…) évoque l’élan vers l’avenir, le progrès, idées qui parcourent l’époque.

Tandis que l’Exposition de 1889 voit le triomphe de l’industrie et de l’ingénieur (rappelons que son clou était la Tour Eiffel), pour 1900, l’Institut et l’école des Beaux-Arts qui règnent en maitres sur l’art officiel voient cela d’un mauvais œil : on va dédier le clou de 1900 à la célébration des arts. Le parti pris est différent, plus classique, plus blanc : on pense que les bâtiments officiels permanents doivent avoir une apparence plus sévère que les bâtiments éphémères et qu’il ne faut par ailleurs pas trancher avec le style classique français qui domine dans le quartier, suivant la volonté d’une bonne insertion dans le cadre urbain. On décide ainsi de couvrir la structure métallique de pierre. Le calcaire, qui permet d’inclure le décor sculpté aux façades et de s’harmoniser avec l’entourage, est choisi…

Je pourrais continuer mais pour une introduction, il me semble que c’est suffisant. Pour approfondir le sujet, vous savez désormais quels ouvrages consulter !

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